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Un an après l’entrée en vigueur du décret du 9 janvier 2025, la circulation inter-files (CIF) est désormais pleinement intégrée au paysage de la mobilité urbaine motorisée. Longtemps tolérée, parfois verbalisée, cette pratique emblématique des deux-roues motorisés (2RM) bénéficie aujourd’hui d’un cadre légal clair.


À l’occasion de cet anniversaire, la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC), soutenue par la Ligue de Défense des Conducteurs (LDC), publie les résultats d’une enquête terrain menée auprès des usagers. Un bilan globalement positif, tempéré par un manque de pédagogie institutionnelle.

Circulation inter-files : un levier reconnu de fluidité urbaine

Réalisée sur un mois, l’enquête a recueilli près de 650 contributions détaillées. Si les motards restent majoritaires, un tiers des répondants se déclarent également automobilistes, un point clé pour une mesure qui repose sur la cohabitation des usages.

Les enseignements sont nets :

Près de 70 % des sondés estiment que la légalisation de la CIF a amélioré la circulation en situation de congestion
30 % jugent que le cadre légal n’a pas modifié une pratique déjà bien ancrée
• Les avis négatifs restent marginaux (2 %)

Pour la FFMC, ces résultats confirment que la légalisation a permis de canaliser et sécuriser une pratique existante, en homogénéisant les comportements sur les axes concernés.

Un impact concret sur la mobilité des deux-roues motorisés

Du point de vue des usagers 2RM, la CIF légalisée représente un gain fonctionnel majeur. En autorisant clairement la remontée de files dans des conditions définies, elle :

réduit le temps de parcours en milieu urbain dense,
limite l’exposition aux risques liés à l’arrêt prolongé entre les files,
• améliore la lisibilité des comportements pour l’ensemble des conducteurs.

Un point régulièrement souligné dans les retours d’usagers : la CIF bénéficie aussi aux automobilistes, en contribuant à désengorger les files. Une logique de mobilité partagée, au cœur des enjeux urbains actuels.

Sécurité et formation : un cadre enfin enseignable

Autre bénéfice largement cité : la fin de l’insécurité juridique. La légalisation permet désormais :

• une intégration officielle de la CIF dans les programmes des moto-écoles,
• une meilleure prise en compte par les assureurs en cas d’accident,
• une responsabilisation accrue des motards comme des automobilistes.

« Légaliser, c’est pouvoir enseigner », résume un participant. Un point fondamental pour une pratique qui, sans cadre, reposait jusqu’ici sur l’expérience individuelle.

Communication officielle : un angle trop centré sur les motards

Si le fond est validé, la forme l’est beaucoup moins. 80 % des répondants estiment que la communication gouvernementale a été insuffisante ou mal ciblée.

Les campagnes ont majoritairement visé les motards, alors que l’adhésion des automobilistes est déterminante pour la réussite de la CIF.

Pour de nombreux usagers, l’enjeu dépassait la simple règle : il s’agissait d’aborder le partage de la route, la compréhension mutuelle et les bénéfices collectifs d’une mobilité plus fluide.

Un premier bilan encourageant pour la mobilité urbaine

Pour la FFMC, cette première année confirme que la circulation inter-files légalisée constitue un outil pertinent de régulation du trafic urbain, à condition d’être accompagnée d’une pédagogie renforcée auprès de tous les conducteurs.

Dans un contexte de saturation des axes urbains et de recherche de solutions de mobilité plus efficaces, la CIF apparaît désormais comme un levier crédible, validé par les usagers eux-mêmes.