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Après un mois de janvier encourageant, le marché moto et scooter français confirme une progression en février 2026. Les immatriculations affichent 11 570 unités, contre 10 839 en février 2025, soit une hausse de +6,74 %.

Sur le papier, la dynamique semble positive. Pourtant, cette progression doit être fortement relativisée. Le mois de février 2025 avait été particulièrement mauvais pour le secteur, ce qui fausse en partie la comparaison annuelle.

Une analyse plus large révèle une tendance nettement moins favorable : comparé à février 2024, le marché accuse une chute d’environ 23 %, preuve que la reprise reste fragile pour l’ensemble du secteur des deux-roues motorisés.

Honda, Yamaha et BMW en recul sur le marché français

Dans ce contexte contrasté, les principaux acteurs du marché moto en France enregistrent des résultats en baisse.

Leader historique, Honda subit un nouveau recul marqué. Après un mois de janvier déjà négatif, la marque japonaise enregistre 2 484 immatriculations en février 2026, soit une baisse de 14,7 %. Un démarrage d’année difficile pour le leader du marché hexagonal, alors que les nouveautés 2026 arrivent progressivement dans les concessions.

Pour tenter de relancer la dynamique commerciale, le constructeur japonais a toutefois récemment annoncé d’importantes remises sur ses scooters Honda Forza, modèles phares du segment GT, ainsi qu’un repositionnement tarifaire de sa gamme 500 destinée aux titulaires du permis A2. Une stratégie destinée à stimuler la demande sur des modèles clés et à renforcer l’attractivité de l’offre Honda face à une concurrence de plus en plus offensive sur le marché français.

De son côté, Yamaha limite les dégâts. Avec 1 567 immatriculations, la marque aux diapasons affiche un recul de 5,09 %, une baisse modérée dans un marché incertain.

Même constat pour BMW, qui passe sous la barre des 1 000 immatriculations avec 930 unités, contre 1 108 en février 2025 et 1 379 en février 2024. Un recul notable pour la marque allemande.

Les marques historiques rebondissent après une année 2025 difficile

Derrière les leaders du marché, plusieurs constructeurs historiques affichent une forte progression.

• KTM : +78 %
• Suzuki : +62 %
• Harley-Davidson : +95 %

Ces hausses importantes restent toutefois à relativiser, car le mois de février 2025 avait été particulièrement faible pour ces marques.

Dans le détail :

• KTM passe de 254 motos immatriculées en 2025 à 452 en 2026, contre 800 en février 2024
• Suzuki progresse de 271 à 439 immatriculations, mais restait à 682 en 2024
• Harley-Davidson grimpe de 131 à 255 immatriculations, loin des 370 unités enregistrées en 2024

Ces chiffres illustrent un rebond technique plutôt qu’une réelle explosion de la demande.

Les constructeurs chinois accélèrent leur percée

Pendant que certaines marques traditionnelles reculent, les constructeurs chinois poursuivent leur progression rapide sur le marché français.

En tête de cette dynamique figure CFMOTO, qui confirme sa montée en puissance avec 484 motos immatriculées en février 2026, soit une progression de 40,7 %.

La croissance de la marque est régulière :

• 188 motos en février 2024
• 344 motos en février 2025
• 484 motos en février 2026

Autre progression spectaculaire : Voge, qui enregistre une hausse de 169 %, avec 332 immatriculations. La marque chinoise se rapproche désormais du volume de CFMOTO. De son côté, Zontes continue également de progresser, avec 262 immatriculations, soit une croissance de 19 %.

Ces résultats confirment l’installation durable des marques chinoises dans le paysage du marché moto français.

Un début d’année 2026 encore en retrait face à 2024

Sur les deux premiers mois de l’année, le marché français totalise 20 887 immatriculations. Malgré la légère reprise observée en février, le secteur accuse encore un retard de 19 % par rapport à 2024, soit près de 4 800 motos et scooters vendus en moins.

Plusieurs facteurs expliquent ce démarrage hésitant :

• une météo hivernale particulièrement froide
• des épisodes d’inondations dans certaines régions
• un contexte économique et géopolitique incertain

Dans ces conditions, la moto reste souvent perçue comme un véhicule de loisir, relégué au second plan dans les décisions d’achat.

L’arrivée des nouveautés 2026 pourrait relancer le marché

Malgré ce contexte, les prochains mois pourraient offrir un rebond au marché moto français. L’arrivée des nouveautés 2026 dans les concessions, combinée au retour des beaux jours, constitue traditionnellement un moteur important des ventes au printemps.

Si la demande repart, le marché des deux-roues pourrait progressivement réduire son retard accumulé depuis 2024.