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Le constructeur Peugeot Motocycles pourrait bientôt repasser sous pavillon français. Trois dirigeants de l’entreprise ont en effet déposé une offre de rachat auprès du fonds allemand Mutares, propriétaire de la marque depuis 2023. Si la transaction aboutit, Peugeot Motocycles redeviendrait une entreprise française, marquant un nouveau tournant dans l’histoire récente du constructeur deux-roues.

Selon les informations communiquées, Laurent Lilti, actuel directeur général, deviendrait actionnaire majoritaire avec plus de 50 % du capital. Le directeur financier Samir Abderrahmane et le directeur des ressources humaines Arnaud Stimpfling détiendraient chacun environ 25 % des parts.

La finalisation de l’opération est envisagée au deuxième trimestre 2026, sous réserve de la consultation des représentants du personnel et des conditions réglementaires habituelles.

Une reprise portée par l’équipe dirigeante de Peugeot Motocycles

Dans une publication sur LinkedIn, Laurent Lilti a confirmé le dépôt d’une offre ferme pour la reprise de Peugeot Motocycles par son management. Le dirigeant précise que l’équipe de direction souhaite construire l’avenir de la marque avec responsabilité et ambition, tout en maintenant la continuité industrielle et commerciale de l’entreprise.

Du côté de Mutares, propriétaire actuel, cette évolution n’est pas surprenante. Le fonds d’investissement avait déjà indiqué ne pas avoir vocation à rester durablement au capital du constructeur après son rachat partiel en 2023.

Une histoire actionnariale mouvementée depuis 2014

Fondé en 1898 par la famille Peugeot, Peugeot Motocycles a longtemps été intégré au groupe automobile PSA. La séparation débute en 2014, lorsque Mahindra & Mahindra entre au capital avant de devenir propriétaire à 100 % en 2019.

En 2023, le groupe indien cède 80 % du capital au fonds allemand Mutares, marquant une nouvelle phase dans l’histoire du constructeur. La reprise envisagée par l’équipe dirigeante constituerait donc un nouveau tournant stratégique, avec un retour sous contrôle français.

Le site historique de Mandeure au cœur du projet industriel

L’un des points clés du projet concerne le maintien de l’activité industrielle en France. Le constructeur conserverait son site historique de Mandeure, dans le Doubs, qui emploie environ 250 salariés. L’annonce de l’offre de rachat a d’ailleurs été présentée aux employés lors d’un CSE extraordinaire organisé le 5 mars.

Aujourd’hui, plus de 8 000 véhicules sont assemblés chaque année sur ce site, notamment les modèles premium de la marque.

Une stratégie tournée vers l’électrique et les nouveaux modèles

Peugeot Motocycles poursuit également le développement de sa gamme électrique.
Le constructeur travaille notamment sur :

• le Peugeot Kisbee électrique
• le futur Peugeot 103 électrique, inspiré du cyclomoteur mythique

Ces projets devraient être maintenus dans le cadre de la reprise, Laurent Lilti étant un soutien actif de la stratégie d’électrification.

Une marque exploitée sous licence jusqu’en 2064

Même si Peugeot Motocycles n’appartient plus au groupe PSA, aujourd’hui Stellantis, la société dispose d’un contrat de licence lui permettant d’utiliser la marque Peugeot. Ce contrat court jusqu’en 2064, garantissant la continuité de l’identité de la marque au lion dans le secteur des deux et trois roues motorisés.

En résumé : Si la transaction est validée en 2026, Peugeot Motocycles redeviendra un constructeur français, dirigé par son propre management, tout en conservant son site historique de Mandeure et sa stratégie industrielle actuelle.