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Interview : Mathieu Rauzier, fondateur de la marque de VAE Rayvolt

Interview : Mathieu Rauzier, fondateur de la marque de VAE Rayvolt

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Basée dans le quartier artistique du Born à Barcelone, la start-up Rayvolt propose une gamme de vélo à assistance électrique avec un look qui nous renvoie à l’ère légendaire de la moto du début du siècle. Mathieu Rauzier, fondateur de la marque, a accepté de répondre aux questions d’Urbaanews.

Quelle est la place de Rayvolt sur le marché des VAE en France ? En quoi la marque se démarque-t-elle de ses principaux concurrents ?

Rayvolt a pris une place en tant que créateur de velo authentique en 2015, l’idée était de combler un vide, il y avait alors des VTT électriques, quelques vélo de ville avec une batterie sur le porte-bagage. Pour attirer les automobilistes ou les motard sur un vélo, il ne fallait surtout pas que ce soit par restriction, on a souhaité offrir un produit « coup de coeur ». Il y a un peu moins d’un an, avant l’explosion du marché, 9 clients sur 10 ne pensaient pas acheter de vélo avant de tomber sur Rayvolt.

Rayvolt se démarque par son design et sa technologie. Le monde n’a pas besoin d’une autre marque qui importe un vélo pour y coller son label, nous créons des pièces uniques identifiables d’un seul coup d’oeil.Le tout avec une technologie de pointe développée par nos soins. Ce fut une décision difficile au début car le coût de développement est important et le volume de vente limité, mais aujourd’hui, je pense que c’est l’une des meilleures décisions que l’on ai prise. Ne pas dépendre d’un tiers parti pour construire nos vélos ! Surtout quand on invente un nouveau feature comme le frein régénératif proportionnel au retro-pédalage, que nous sommes les seuls a proposer.

Quelle est la stratégie de développement de la marque et des ventes que vous souhaitez mettre en place en France ?

La stratégie de développement en France et dans les autres pays est claire depuis le premier jour : offrir un produit unique. Le marché du vélo est dominé par de très grandes marques et l’import massif de vélos chinois sous les couleurs de centaines de petites marques. Les grandes marques fonctionnent comme des agences de marketing, elles produisent un cadre, puis achètent tous le reste du vélo à Shimano, Bosh etc… puis disposent de millions d’euros a investir en marketing. Rentrer dans ce marché est impossible du au volume d’achat, on n’aurait jamais les mêmes prix sur les pièces, puis on aurait pas la même force de marketing. On aurait un produit moins compétitif avec moins de notoriété, bref pas FORMIDABLE comme model économique !

La 2ème décision stratégique a été de travailler avec des points de ventes physiques plutôt qu’en ligne. Nous travaillons avec des partenaires passionnés dans plusieurs villes qui travaillent la marque dans leur région en exclusivité. Le mode d’achat passe massivement en ligne, et pourtant un vélo électrique doit s’acheter dans un magazine spécialisé qui saura apporter conseil et s’occuper a de ses clients pour les révisions ou en cas de panne. Une voiture s’achète chez un concessionnaire, un vélo électrique également.

Les utilisateurs de vélos vont-ils, selon vous, privilégier la propriété, la location ou les services de location partagés ? Pourquoi ?

Nous envisageons le tout. Les utilisateurs qui veulent un vélo purement utilitaire seront surement plus amenés a utiliser des services de location partagés. Les plus soigneux qui préfèrent leur propre vélo opteront pour une location longue durée ou un achat. On notera également une grosse vague de location longue durée avec beaucoup de start-up qui vont se spécialiser sur ce marché, mais c’est un modèle économique assez compliqué qui nécessite beaucoup d’investissement, et je pense que la plupart vont disparaitre aussi rapidement.

Ce modèle économique est idéal pour du software ou des plateformes vidéos mais pour un vélo électrique où le temps d’amortissement est plus long que le temps de conservation du vélo par son acquéreur, l’opérateur devra choisir entre changer le vélo à perte ou frustrer le client qui optera pour un changement d’opérateur pour avoir un nouveau modèle. De plus, la clientèle qui cherche à se distinguer par l’achat de son vélo ne trouvera pas ce qu’elle cherche et devra opter par un achat ou location avec option d’achat ; Or, l’adhésion morale a une marque est le meilleur outil de fidélisation! Le client hybride lui oscille entre option 1 et 3 qui comme moi , qui aime avoir son propre velo mais utilise le service partagé selon l’occasion

Pensez-vous que les deux-roues (motorisés ou non) représentent désormais un nouveau mode de déplacement urbain ? S’agit-il pour vous d’un mouvement de fond ou d’un phénomène de mode ?

Tout à fait, c’était évident que cela allait arriver, je n’ai jamais eu de voiture a Barcelone, ça a toujours été un handicap. Ayant des enfants, le cargo bike a été une révélation, c’est d’ailleurs en essayant le cargo d’un ami hollandais en 2015 que j’ai décidé de rentrer dans le monde du vélo électrique. Je pense que c’est un mouvement de fond plus qu’un phénomène de mode. C’est un mouvement de fond à la base mais le phénomène de mode l’a bien accéléré.

Quelle pourrait être la place, à moyen terme, des vélos électriques dans les villes ?

La population vivant et travaillant en centre urbain auront presque tous un vélo électrique ou mécanique. Pour les gens vivant en zone péri-urbaines, les villes devront proposer des parkings gratuits pour des services partagé, des parking voitures sécurisés afin que les utilisateurs puissent garer leur véhicule en sécurité et continuer leurs trajets en vélo. En bref, il faudra prévoir les infrastructures et un service adapté qui motive les citoyens à se déplacer en vélo en centre urbain plutôt que par obligation.

La mise en place de restriction de circulation des véhicules thermiques dans les grandes villes va-t-elle avoir un impact fort sur les modes de déplacement et la typologie de véhicules utilisés ?

Comme évoqué dans ma réponse précédente, il faut pouvoir offrir une alternative avant de mettre des restrictions. J’ai toujours préféré faire avancer les choses par motivation que par force.

Votre gamme actuelle répond-elle à ces nouveaux besoins de déplacement ? Estimez-vous au contraire qu’il manque encore un certain type de modèle pour répondre à la nouvelle mobilité urbaine ? Si oui, le(s)quel(s) ?

Notre gamme actuelle répond à tout type de client ayant une sensibilité pour le design. Il manque d’ailleurs des designs plus féminins, j’ai beaucoup eu le reproche. Le Trixie, notre cargo bike, est indispensable dans la vie de famille, je ne sais pas comment je ferais pour emmener mes enfants dans leurs différentes écoles sans lui. En voiture ça ne serait pas possible n’ayant que 10 minutes de trajet entre chaque école. Je suis conscient que je bénéfice du privilège d’un climat Méditerranéen, nous envisageons de faire des protections pluies pour cycliste et passagers pour d’autres climats. Puis avec notre nouvelle gamme eXXite (voir Xone, XS) nous allons répondre a une demande beaucoup plus urbaine et très « technophyle »